Grand tirage gélatino-argentique au bromure d’argent, Une fileuse, par le sculpteur Mathurin Moreau, 331, Musée du Luxembourg, photographie de l’agence Neurdein, au dos deux tampons « Photographie d’art Jacques Vignon, Paris » et « Pierre Lafitte, Éditeur d’art », tout début XXe
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Description
Grand tirage gélatino-argentique au bromure d’argent :
331, Musée du Luxembourg, Une fileuse, par Moreau. X. Phot.
Au dos deux tampons « Photographie d’art Jacques Vignon, Paris » et « Pierre Lafitte, Éditeur d’art »
Tout début XXe
27,5 x 21,5 cm
X. Phot. :
Signature de la maison Neurdein frères, atelier de photographies très réputé
Tampon « Photographie d’art Jacques Vignon, Paris » :
Jacques Vignon était ‘intermédiaire technique, ou façonnier. Son tampon indique qu’il est intervenu à l’étape du laboratoire ou de la distribution. Les grands éditeurs sous-traitaient souvent le tirage physique des épreuves de travail à des ateliers spécialisés. Vignon a pu être le technicien qui a réalisé ce tirage argentique grand format à partir de la matrice, ou le prestataire chargé de retoucher et préparer l’image pour l’impression finale.
Tampon « Pierre Lafitte, Éditeur d’art » :
Pierre Lafitte achète la prestation et le tirage final pour l’utiliser dans ses revues d’art de luxe. Pierre Lafitte (1872–1938) est un immense patron de presse et éditeur d’art français de la Belle Époque. Installé à Paris (notamment sur l’avenue de l’Opéra puis sur l’avenue des Champs-Élysées), il est célèbre pour avoir lancé des magazines illustrés luxueux d’une qualité technique novatrice pour l’époque (Femina, La Vie au grand air, Musica), mais aussi pour avoir été l’éditeur historique des romans d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc. En tant qu’« Éditeur d’art », sa maison publiait des tirages de luxe, des recueils de gravures, des monographies culturelles et des reproductions photographiques de chefs-d’œuvre des musées nationaux.
Bon état, voir photos
Quelques précisions :
La combinaison des deux tampons indique que ce document n’est pas une simple photographie pour touriste ou amateur. Il s’agit d’une épreuve de travail, d’archive ou de publication (un tirage de presse ou d’édition). Elle a très probablement servi : soit à illustrer un article de fond sur les collections du Musée du Luxembourg dans l’une des revues d’art prestigieuses de Pierre Lafitte. Soit à intégrer une encyclopédie ou un catalogue relié sur la sculpture française contemporaine commercialisé par cet éditeur
La présence d’un numéro gravé directement dans le négatif à côté du titre fait partie intégrante de la signature de la maison Neurdein Frères.
Cette numérotation répondait à une organisation commerciale et archivistique très stricte, propre aux grandes agences photographiques du XIXe siècle :
1. Un système de catalogue d’édition
Les frères Neurdein faisaient voyager leurs opérateurs à travers toute la France et l’Afrique du Nord pour photographier les villes, les paysages et les monuments majeurs. Chaque cliché rapporté à l’atelier parisien recevait un numéro unique et définitif dans l’inventaire de la maison.
Le numéro précédent l’intitulé de la vue correspond précisément à la vue en question. Si un client commandait l’image du numéro correspondant en 1880 ou en 1905, il recevait exactement le même visuel.
2. Une inscription directement sur la plaque de verre
Pour que le numéro apparaisse en blanc ou en transparence à l’impression, il était inscrit à la main à l’encre noire ou gratté à la pointe directement sur l’émulsion de la plaque de verre originale (le négatif au gélatino-bromure ou au collodion). C’est pourquoi l’écriture s’intègre parfaitement à la photo sans effet de surimpression moderne.
3. La clé pour la réédition (de l’album à la carte postale)
Ce système de numérotation a permis à la maison Neurdein de faire traverser les époques et les supports à ses images :
. Années 1870-1880 : la plaque au numéro correspondant sert à faire de grands tirages d’art albuminés comme le vôtre.
. Années 1900 (l’âge d’or de la carte postale) : pour faire face à la baisse des ventes de tirages de cabinet, Neurdein réutilise ses anciens négatifs de monuments. Ils recadrent la plaque originale pour l’imprimer sous forme de cartes postales au format poche.
Informations complémentaires
| Poids | 0,300 kg |
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